Les animaux malades des hommes

Laf, s’essaye, comme Jean de La Fontaine, à versifier. La Fontaine, dans ses fables, met en scène des animaux anthropomorphes, ce qui plaît beaucoup à Laf. Laf livre sa propre morale sur les relations entre les hommes et les animaux.


Salut,


Je suis en train de relire « Les animaux malades de la peste » de Jean de La fontaine. [1]

Qu’est-ce que c’est, ce « mal qui répand la terreur » ? La Covid ? On nous en parle. On nous en parle. C’est pas rigolo pour les animaux. C’est pas le pangolin. Non, non, non.

« Le pauvre accusé de tous les maux ;

Il faut toujours un bouc-émissaire. » De moi

« Que le plus coupable de nous

Se sacrifie aux traits du céleste courroux,

Peut-être il obtiendra la guérison commune. » De Jean de La Fontaine


Il paraît que la Peste est capable d’enrichir en un jour l’Achéron. Vous ne savez pas qui c’est ? C’est le Dieu fleuve, fils d’Hélios, le Soleil, et de Gaïa, la Terre. Le soleil et la terre, la nature. La nature, c’est nous. C’est moi. Il faut me protéger. Zeus précipite Achéron aux Enfers pour avoir étanché la soif des Titans. Moi aussi, je suis un fils d’Ouranos et de Gaïa. C’était l’âge d’or.


Je suis bien sérieux, aujourd’hui. Je n’en peux plus de cette Covid. J’ai appris que des lions et des hippopotames ont été contaminés. Les animaux sont suspects. Des hamsters et des visons ont été exterminés. Des animaux domestiques ont disparu de leurs familles. Aux grands maux, les grands moyens. Depuis la détection de rongeurs contaminés, Hong Kong a donné l’instruction d’abandonner les petits animaux de compagnie, hamsters, chinchillas, lapins et cobayes récemment achetés, qui seront abattus. Des communautés des amis de ces petites bêtes essayent de les sauver. J’ai peur d’être un suspect.


Dans ces conditions :

« Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence

L’état de notre conscience. » De Jean de La fontaine


De quoi suis-je coupable, de quoi dois-je battre ma coulpe ?

Je ne réponds pas quand on m’appelle et que je suis en train de sentir la piste d’une bête à la montagne.

J’ai volé un morceau de pain.

Je monte sur le lit quand je suis seul et je me couche même sur les oreillers blancs.

« …Je me dévouerai donc s’il le faut ; mais je pense

qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi :

Car on doit souhaiter selon toute justice

Que le plus coupable périsse. » De Jean de La fontaine


Cela s’appelle la culpabilisation. Ma maîtresse ne me culpabilise pas. Elle me gronde, mais je sais qu’elle m’aime trop. Je suis son compagnon à pattes et à poils. Dans la rue, on lui dit : « Il est jeune, votre chien ; quel âge il a ? »

Je fais djeun ; je suis ravi. Je rigole car j’ai 6 ans.


Je trottine, un chien adolescent, tiens ! Ils sont rigolos, les humains.

« Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,

Au dire de chacun, étaient de petits saints. » De Jean de La Fontaine


Ils se prennent pour quoi, pour qui ? Ils se servent de nous. Animaux domestiques, oui. Animaux de laboratoire, non. Ils ont besoin de nous, les humains. On vient de greffer un cœur de porc à un homme ! Il n’a pas peur de finir en boudin ? Ils veulent nos organes et ils nous humanisent. Le greffon provient d’un porc modifié génétiquement, un Revivicor pig, comme le cochon GalSafe utilisé pour la xénogreffe de rein. Pour éviter le risque de rejet immunitaire, six gènes humains ont été rajoutés et quatre gènes porcins ont été retirés. Pour empêcher que l’organe grandisse trop et puisse rentrer dans la cage thoracique d’un humain. Beurk ! Des cœurs de porcs génétiquement modifiés ont déjà été greffés sur des babouins, une partouze de cœurs qui battent dans les poitrines. Beautiful dream ou cauchemar ? Pire, le cochonou GalSafe possède un gène qui élimine un sucre susceptible de causer des allergies chez l’homme. La pauvre bête sera élevée pour produire de la viande ne pouvant pas créer des allergies, en plus de donner bénévolement ses organes. Je vais devenir végétarien. Même moi, le clébard, je ne veux plus manger de viande ! Chèvres, poulets, saumons y sont déjà passés, génétiquement modifiés pour l’élevage. À quand les canins ? À quand les humains ?


Vous avez bien entendu parler des souris humanisées. Ce sont des souris de laboratoire que l’on rend immunodéficientes en les irradiant et que l’on greffe avec des cellules souches ou des tissus humains. Ce sont des mammifères faciles à manipuler. Il paraît que l’expérimentation animale est encadrée pour réduire la souffrance ou l’angoisse. Je ne suis pas sûr qu’on ait fait signer la souris. La souris humanisée représente un modèle performant. C’est sur elle qu’ont été faites les études sur les coronavirus dans les laboratoires P3 et P4. N’oubliez pas que les souris savent mordre les mains qui s’occupent d’elles, parce qu’elles ont mal ou qu’elles se vengent. Qui est le plus fort ? Merci les souris, vous avez bien travaillé. Alors, cette chimère ? Qu’en penser ? Je suis un peu trop sérieux dans cet édito. Rigolons. Allez, une blague. Bichoco n’a pas pu jouer ses matchs. J’adore les bichocos. On mange les quatre coins, en premier. Non, je me trompe ; ce sont les petits « beurre » Lu de Nantes, que j’aime. Excuse me. Bi-cho-co, trop respectueux des règles. Il a dit qu’il n’aimait pas les piqûres. Il fait un malaise vagal chaque fois qu’il est piqué…ou qu’il perd des points. Retour au vestiaire pour récupérer des forces.


Je prends mon stylo pour écrire ma fable, comme Jean.

« Manger l’herbe d’autrui ! Quel crime abominable ! » De Jean de la Fontaine

« Les souris seront une arme fatale ! Contre

Les grands maux frappant l’espèce humaine. » De moi

« Selon que vous serez puissant ou misérable,

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » De Jean de la Fontaine

« Selon que vous soyez homme ou animal,

Vous aurez ou non le pouvoir. » De moi


J’ai du mal. J’ai failli être un animal de laboratoire. J’ai participé, je n’avais pas signé, je vous l’accorde, à une étude en double aveugle pour un vaccin nasal. Je ne sais pas si j’ai eu le placebo. Après, on m’a laissé tranquille. J’étais trop vieux ; il fallait un chiot.

« Un mal qui répand la terreur,

Mal que le Ciel en sa fureur

Inventa pour punir les crimes de la terre,

La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom)

Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,

Faisait aux animaux la guerre. » De Jean de la Fontaine


Humains, n’oubliez pas que vous êtes des animaux. Vous avez besoin de nous. Respectez-nous et donnez un statut aux chimères, qu’elles soient souris ou virus.

« Ne jouez pas à l’apprenti sorcier ;

Et tirez-nous votre chapeau.

Soyez attentifs à l’éthique des animaux ;

Ils ne sont pas des objets-médicaments.

Les animaux et les virus sont malades des hommes.

T’en fais pas, la nature va reprendre ses droits. » De Moi

Laf gambade en chantonnant son sizain.


 

Note :

[1] Jean de La Fontaine (1621-1695), Fables, 1678-1679. Texte intégral : Paris, Aubert, 1842.

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